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Harley-Davidson vend MV Agusta... ou comment survivre au marasme économique

18 août 2010

par Marc Cantin , moto123.com

La transaction a été confirmée fin juillet, deux ans après qu'Harley-Davidson ait déboursé 107 millions $US pour acquérir le manufacturier italien.

L'échec MV
Il y a huit mois, les hauts dirigeants du fabricant de Milwaukee ont annoncé que MV Agusta était à vendre, et ce, dans le but de « concentrer nos efforts et nos investissements sur la marque Harley-Davidson », au dire du président et chef de la direction, Keith Wandell.

Voici quelques chiffres relatifs au passage de MV chez H-D qui donnent des frissons:
  • Harley-Davidson paie 107 millions $ pour acquérir MV Agusta (incluant la prise en charge d’une dette de 70 millions $) et ont ensuite dépensé 60 millions $ additionnels pour l’exploiter pendant deux ans.
  • Deux ans après cet achat, Harley-Davidson revend MV Agusta à l’ancien proprio pour la modique somme de 4 $ -- c’est exact, 4 $, US bien sûr ! Et comme pour adoucir la pilule, H-D laisse aussi au nouveau propriétaire un fond de roulement de 15 millions $ pour faciliter les mois qui viennent.
  • Harley-Davidson rapporte une radiation au livre de 162 millions $ attribuable à MV Agusta (on ignore comment ce montant est réparti de 2008 à 2010).
Avec le fiasco de Buell, qui selon l’aveu de Harley lui a coûté 125 millions $, il s’agit d’un second coup dur pour le légendaire manufacturier de motos, surtout à une période où les économies américaine (68 % des ventes de Harley) et mondiale continuent d’en arracher.

Santé financière affreuse… mais qui s’améliore
Harley-Davidson connaît beaucoup de difficultés depuis quelques années. Les livraisons ont chuté royalement, passant de 300 000 unités pas plus tard qu’en 2007 à 200 000 unités (projection) pour l’année 2010.

Le portrait financier va comme suit :

Bilan d'exploitation de Harley-Davidson

(en millieu de $US) 2007 2008 2009 Projection 2010
Revenus totaux 6 143 044 5 955 384 4 781 909 4 300 000
Variation annuelle   -3% -20% -10%
Dépenses totales 4 717 483 4 896 217 4 585 823 3 730 000
Variation annuelle   4% -6% -18%
Revenus d'exploitation 1 425 561 1 059 167 196 086 570 000
Variation annuelle   -26% -81% 191%
Revenus (pertes) nets 933 843 654 718 -55 116 210 000
Variation annuelle   -30% -108%  

Considérant la baisse de revenus de plus de 22 % entre 2007 et 2009 ainsi que la perte d'un milliard $ en profits nets(2), on comprend facilement que Harley-Davidson cherche à se départir d'actifs qui ne cadrent pas avec ses activités premières.

Quant à la projection pour 2010(3), calculée à partir des six premiers mois de l'année, le chiffre final pour l'année en cours pourrait baisser radicalement en tenant compte des coûts rattachés au délestage de MV Agusta.

La bonne, non, la très bonne nouvelle
On peut trouver des lueurs de soleil dans ce portrait un peu terne, alors que H-D a sabré dans ses frais d'exploitation, en réduisant la main d'oeuvre, fermant des usines, réduisant les stocks, et coupant certains projets marketing.

La projection des revenus d'exploitation pour 2010(1) impressionne ; on parle presque du triple de l'année 2009.

Par surcroît, les modèles Harley bénéficient d'améliorations majeures, surtout depuis l'arrivée des nouveaux modèles Touring 2009, notamment au niveau du châssis, du moteur, de l'aérodynamisme et du prix. Cette nouvelle approche au développement plus substantif me semble une grosse amélioration par rapport à l'ancienne approche, qui se résumait trop souvent à ajouter toujours plus de chrome et d'insignes, sans vraiment améliorer les éléments mécaniques des machines. La nouvelle approche aidera à attirer de nouveaux adeptes habitués aux comportements et performances des machines japonaises et européennes chez H-D, ce dont ils ont grandement besoin dans les années qui viennent.

Faire le nettoyage coûte cher, mais ça marche. Les motos vont de mieux en mieux, tout en conservant leur cachet et leur caractère légendaires. Il ne reste qu'à souhaiter une solide reprise économique pour permettre à Harley d'attirer de nouveaux clients (de plus en plus jeunes) de partout dans le monde.